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PETITE MAISON 3 VARIANTES

Cette maison individuelle d’une surface habitable d’environ 90 m² se caractérise par une partie centrale sur deux niveaux avec toit à deux pans, reliée d’un côté à un garage à toiture plate végétalisée et de l’autre côté à une partie d’un seul niveau coiffée d’une toiture terrasse communiquant avec l’étage de la partie centrale. Les trois variantes proposées diffèrent aussi bien par l’aménagement intérieur que par l’aspect extérieur, tout en offrant le même nombre de pièces, dont un séjour cuisine avec poêle à bois, trois chambres et deux salles de bains. Les baies coulissantes, qui optimisent l’apport de lumière naturelle, s’ouvrent sur de larges terrasses. Cette petite maison pourrait trouver sa place sur un terrain d’environ 500 m².
book de 112 pages avec trois variantes d’une même maison
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couverture et résumé de ce book
le sommaire
les caractéristiques techniques et son environnement
maquette, livre et esquisses
perspectives
esquisses et croquis
couverture du book

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Esquisses et Croquis d’architecture – volume 3

page sommaire du livre

Esquisses et croquis restent omniprésents dans les différentes phases d’une mission complète d’architecte. Ils prennent racine dans le processus de recherche créative,dans l’élaboration du concept de base au travers d’une réflexion libérée entre la mainet la pensée.

Les esquisses sont la phrase première d’une mission d’architecte. Elles lui permettent de rendre visible le projet. Il va par ce biais communiquer ses idées et leurs concepts à ses clients, les maîtres d’ouvrage. Qu’il s’agisse de plans, d’élévations, de coupes, de perspectives, d’ambiances intérieures, tout peut donner lieu à des esquisses. Les croquis, quant à eux, réduisent le projet à ses traits essentiels. Ils sont le plus souvent des croquis d’intention, qui se détachent de la notion d’échelle tout en conservant un certain réalisme dans les proportions. Leur message est essentiellement dirigé vers le concept global du projet. Ils peuvent aussi servir à expliquer des détails techniques, aussi bien dans la phase d’étude qu’en cours de chantier.

Ce livre présente les esquisses et croquis réalisés pour dix projets de naturesdifférentes (rénovations diverses, requalification d’un centre village, constructions surterrains en pente, réunion d’appartements, transformation, aménagements extérieurs et intérieurs).

L’AUTEUR

Alain Rouschmeyer, architecte, architecte d’intérieur et designer, travaille depuis plus de trente ans sur les diverses tendances de l’habitat, intégrant les nouveaux concepts d’organisation, d’optimisation et de partage des différents lieux de vie.

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Esquisses et Croquis d’architecture – volume 2

Esquisses et croquis restent omniprésents dans les différentes phases d’une mission complète d’architecte. Ils prennent racine dans le processus de recherche créative,dans l’élaboration du concept de base au travers d’une réflexion libérée entre la mainet la pensée.

Les esquisses sont la phrase première d’une mission d’architecte. Elles lui permettent de rendre visible le projet. Il va par ce biais communiquer ses idées et leurs concepts à ses clients, les maîtres d’ouvrage. Qu’il s’agisse de plans, d’élévations, de coupes, de perspectives, d’ambiances intérieures, tout peut donner lieu à des esquisses. Les croquis, quant à eux, réduisent le projet à ses traits essentiels. Ils sont le plus souvent des croquis d’intention, qui se détachent de la notion d’échelle tout en conservant un certain réalisme dans les proportions. Leur message est essentiellement dirigé vers le concept global du projet. Ils peuvent aussi servir à expliquer des détails techniques, aussi bien dans la phase d’étude qu’en cours de chantier.

Ce livre présente les esquisses et croquis réalisés pour dix projets de naturesdifférentes (rénovations, réhabilitation, reconfiguration, aménagement, surélévations,transformation, construction, extension).

L’AUTEUR

Alain Rouschmeyer, architecte, architecte d’intérieur et designer, travaille depuis plus de trente ans sur les diverses tendances de l’habitat, intégrant les nouveaux concepts d’organisation, d’optimisation et de partage des différents lieux de vie.

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page du sommaire

Esquisses et Croquis d’architecture – volume 1

Esquisses et croquis restent omniprésents dans les différentes phases d’une mission complète d’architecte. Ils prennent racine dans le processus de recherche créative,dans l’élaboration du concept de base au travers d’une réflexion libérée entre la main et la pensée.

Les esquisses sont la phrase première d’une mission d’architecte. Elles lui permettent de rendre visible le projet. Il va par ce biais communiquer ses idées et leurs concepts à ses clients, les maîtres d’ouvrage. Qu’il s’agisse de plans, d’élévations, de coupes, de perspectives, d’ambiances intérieures, tout peut donner lieu à des esquisses. Les croquis, quant à eux, réduisent le projet à ses traits essentiels. Ils sont le plus souvent des croquis d’intention, qui se détachent de la notion d’échelle tout en conservant un certain réalisme dans les proportions. Leur message est essentiellement dirigé vers le concept global du projet. Ils peuvent aussi servir à expliquer des détails techniques, aussi bien dans la phase d’étude qu’en cours de chantier.

Ce livre présente les esquisses et croquis réalisés pour dix projets de natures différentes (réhabilitations, rénovations, agrandissement, aménagements, réorganisation, construction, extension).

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Cabane Hugo

Cabane HUGO
couverture du book « cabane Hugo »

La cabane HUGO est un refuge de 2,44 m x 2,44 m avec une hauteur hors tout de 2,10 m. « Voir sans être vu » pourrait être son slogan. Cette cabane de forme cubique est composée de 4 palettes de transport de 1,20 m x 1,00 m et d’un habillage enveloppant en bois ligné de 40 x 40 mm ajouré de 26 mm. La toiture plate en zinc se positionne soit en pointe de diamant inversée pour récupérer les eaux pluviales en partie centrale, soit en deux parties triangulaires pour une récupération en angle. La périphérie de la toiture en zinc fait office de couvertine pour le bois ligné.

Avec un aspect qui rappelle certains kiosques à journaux, cette cabane d’un volume généreux permet d’accueillir plusieurs enfants qui sauront s’approprier les lieux en laissant libre cours à leur imagination.

La disposition décalée des palettes disposées sur une fine couche de graviers permet d’obtenir en partie centrale un espace libre de 20 cm x 20 cm qui va permettre l’évacuation voire la récupération de l’eau de pluie et définir avec précision l’emplacement de la cabane. Si l’on préfère l’autre version du toit, la récupération se fera en angle (voir page 50).

002 - CABANE HUGO - VF - Image blanche

La structure globale est en potelets bois de 80 x 80 mm en assemblage mécanique ou traditionnel. L’enveloppe en bois ligné est composée de tasseaux de section 40 x 40 mm avec un espace intercalaire de 26 mm, ce qui rythme les différentes faces de cette cabane et permet de créer cette sensation de transparence incontrôlée permettant de voir sans être vu.

L’entrée se fait par un bloc de béton qui peut être un banc, un coffre, une poutre… C’est l’élément qui sert aussi à s’assoir ou à s’allonger devant sa cabane et « filtrer » l’accès. 

Un encadrement-auvent coiffe le passage d’entrée pour mieux permettre de jeter un regard sur les alentours. Deux volets en bois ligné s’articulent sur des consoles métalliques repliables et permettent d’avoir une vue dégagée sur la partie souhaitée du jardin.

L’aménagement intérieur comprend à gauche en entrant un long coffre divisé en trois parties et qui peut servir de banquette pour s’allonger. En dessous des deux ouvertures, un long plan de travail permet de s’assoir et de dessiner ou tout simplement observer la nature environnante, ou encore baisser les volets et observer au travers des parties ajourées.

Deux tabourets en bois permettent de prendre place face à ces ouvertures et de refaire le monde avec complicité.

De forme simple avec peu d’ouvertures, cette cabane peut être positionnée de différentes manières: adossée à un mur, accolée à une annexe, ou sur un terrain libre… Les deux faces borgnes de cette cabane renforcent la sobriété de l’ensemble et lui permettent de conserver l’attrait abri/refuge tout en conservant la vision sur l’extérieur au travers des verticales ajourées.

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Cabane Inès

couverture du book « cabane Inès »

Le premier mètre carré… un symbole tout en poésie d’une architecture qui prend place dans l’univers de l’enfant.

La cabane INES est un refuge de 1 m x 1 m à l’image d’une petite guérite ou de ces cabines en bois décolorées de certains bords de mer. Perchée sur une structure pilotis, elle devient, en ouvrant les portes, une estrade sur laquelle on peut s’asseoir pour parcourir un livre ou observer les alentours.

Sa hauteur confortable avec un faîtage à 2 m 13 permet aux enfants de se tenir debout jusqu’à un âge avancé. Elle comporte un volet coulissant en bois ajouré, identique aux deux battants asymétriques de la porte principale. Son espace intérieur comprend un coffre à jouets qui fait office de banc et permet ainsi de se placer côte à côte pour une plus grande complicité.

La structure porteuse de cette cabane est conçue sur une ossature en potelet bois de mélèze de section 5 x 5 cm, suivant la représentation visible en page 26 et qui présente les différentes phases de montage. L’habillage de la structure peut se faire en planche de mélèze de 20 mm ou encore en panneau de lamé de 20 mm.

L’étanchéité de ce petit refuge sera réalisée en métal corten ou en zinc naturel qui va habiller la forme symbolique de l’ensemble, visible en point 2 de la page 26. Prévoir ensuite la mise en place des deux rails coulisses pour le volet en bois ajouré et finaliser en posant le volet et les deux battants asymétriques de la porte principale.

L’aspect extérieur de ce petit refuge peut être envisagé de plusieurs manières et reste libre et au goût de chacun. La version basique et intemporelle sera sans doute en bois de mélèze qu’on laissera griser au fil du temps, avec une couverture en corten ou en zinc naturel gris. Il est bien sûr possible d’envisager des déclinaisons plus ludiques, soit par des choix de peintures colorées, soit par une couverture avec un habillage en moquette gazon. Bien évidemment, si le choix se porte sur ce matériau, il sera nécessaire d’étanchéifier préalablement la base bois du dessous.

Pour diverses raisons, cette cabane peut être envisagée avec un ancrage au sol qui va permettre de sécuriser l’ensemble. Vous trouverez en pages 37 et 39 deux concepts de fixation: un ancrage permanent qui consiste à noyer les 4 potelets supports dans un bloc béton, et un ancrage mobile qui permet de déplacer la cabane pour un éventuel hivernage.

Cette cabane peut également se doter d’une base sous forme de caisson à lester pour permettre un ancrage totalement amovible et qui peut s’orienter sur trois concepts différents, visibles en pages 40 et 41: la base droite, la base conique et la base marche. Ces trois variantes permettent d’accueillir les 4 potelets pilotis et ainsi donner une assise différente à la CABANE INES.

De par sa sobriété et sa simplicité, cette cabane va pouvoir s’intégrer dans n’importe quel jardin de maison et constituer ainsi un refuge idéal pour les jeunes enfants comme pour les plus âgés.

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L’esquisse ou le croquis

LE CROQUIS - AR 2017
couverture livre « LE CROQUIS…un langage dont chacun peut s’emparer  » de alain rouschmeyer

Sans intention de dresser une liste exhaustive des différents outils de reproduction architecturale, il me semble important de souligner qu’il y a environ cinquante années à peine celle-ci était encore basée sur une proportion de 95 % de production à la main. La mine de plomb du critérium gris aluminium, l’encre de chine qui s’écoulait entre les deux lames du tire-ligne, puis plus tard du graphes et encore plus récemment le rötring, ce « stylo » calibré qui permettait, selon des règles bien normées, d’attacher une codification quasi universelle à la représentation d’un plan d’architecte, ont tous disparu au gré de l’inflation du mètre carré, emmenant dans ce tourbillon planche à dessin et autres chariots à roulettes, pour permettre aujourd’hui de réduire la taille d’un calque de 1,20 m par 0,80 m à un écran de 2560 x 1440 pixels.

« La première chose que j’ai faite au monde, c’est dessiner, comme tous les gosses d’ailleurs, mais beaucoup ne continuent pas. »

Cette phrase de Pablo Picasso résonne en moi avec une dimension qui va au-delà de sa simple expression: elle induit le fait que chaque enfant a dessiné dans sa vie et que l’on peut donc imaginer que certains réflexes subsistent.

Je dirais que je fais partie des gosses qui ont continué de dessiner…

Lorsque j’évoque l’architecture avec cette dimension interrogative du pourquoi de ma fascination des formes, des espaces, des organisations de liaisons, je ne peux m’empêcher de penser au regard que j’ai pu porter dans mes premières années, juché sur les épaules de mon père, découvrant au milieu d’une foule très dense et alignée, ma première messe de minuit. Je découvrais une multitudes de sensations qui habitaient ce lieu vaste et organisé, les regards dirigés sur le choeur de l’église où le spectacle rituel de l’évêque avec ses servants fascinait l’ensemble des gens autour de nous. Je regardais pour la première fois tous ces gens parfaitement alignés qui observaient avec une profonde sérénité les allées et venues d’un groupe de personnes sur un espace défini et dont la chorégraphie semblait parfaitement orchestrée.

L’ampleur des lieux, rythmée de piliers, l’odeur singulière de l’encens, les positions figées et contemplatives de l’ensemble des fidèles, le déplacement onctueux des prêtres, m’ont interpellé sur la logique d’implantation des éléments. L’injustice visuelle résultant des piliers, l’organisation hiérarchisée des espaces m’ont donné l’envie d’imaginer une église ronde avec un choeur central, une vision égale pour tous. De retour dans ma chambre, je prenais rapidement une feuille de papier pour traduire au mieux de mes possibilités enfantines l’expression d’une église « aboutie ».

Cette expression graphique fut également un moment fort de ma construction de complicité avec mon père, architecte. Des années plus tard, une église ronde fut imaginée et réalisée par Mario BOTTA.

Le croquis occupe tout au long d’une mission d’architecte une place prépondérante et devient très souvent sur le terrain l’expression d’une concrétisation d’une idée clé ou bien la manière de rebondir sur un propos vocal, ou encore d’appuyer une explication technique. Le croquis reste omniprésent dans les différentes phases d’une mission complète d’architecte. Il prend racine dans le processus de recherche créative, dans l’élaboration du concept de base au travers d’une réflexion libérée entre la main et la pensée. Le croquis, réalisé à main levée, est une manière pour l’architecte de traduire sa vision première et de matérialiser sa pensée.

Le dessin descriptif va permettre à l’architecte de « rendre visible » l’objet qu’il crée. Il va par ce biais chercher à communiquer ses idées et leurs concepts aux autres acteurs du projet, mais tout particulièrement à son client.

Le croquis reste prépondérant dans la démarche de l’architecte et permet à chaque instant de définir, de renforcer, d’argumenter, de collaborer, et d’engendrer la motivation du projet. A l’heure du BIM, ou du moins à l’aube de cette nouvelle approche collaborative, il est tout à fait envisageable que le BIM manager aura besoin de cette palette d’outils pour exercer un ajustement ou une correction face à des incompréhensions du concept original ou à des lacunes professionnelles.

Le croquis face à l’émergence des nouvelles technologies numériques sait garder une place primordiale et une adaptabilité réjouissante. Présent sur tous les supports numériques, le croquis conserve son intégrité face à l’ensemble des évolutions pour permettre de garder cet attrait qui le qualifie si bien, à savoir la liberté. Devant les nécessités de dématérialisation, de reproduction et de communication, il a su avec des possibilités extrêmement qualitatives se créer un chemin où il est reconnu comme primordial. Toutes les applications liées de près ou de loin au bâtiment permettent d’insérer aujourd’hui un croquis issu lui-même de l’outil support de l’application. Même les applications liées aux réceptions de travaux avec émission de réserves permettent cette intégration et sont souvent elles-mêmes génératrices de croquis possibles.

Le croquis, selon le destinataire envisagé, saura également adapter une « focale » et une « profondeur de champ » qui traduiront les éléments forts du message à privilégier. Cette interprétation sera donc directement liée à la manière de le mettre en page ou encore d’appuyer les éléments caractéristiques sans pour autant avoir le besoin de faire appel à des nécessités techniques particulières.

Le croquis est l’expression spontanée et directement impliquée d’une idée clé ou d’un schéma organisationnel.

Les supports du croquis sont variés, sans limites et sans contraintes matérielles précises. De la feuille blanche au dessous de verre d’un café en passant par le mur à peine blanchi d’un chantier, tous les supports peuvent être prétexte au croquis. Il émane d’un propos, d’un débat, d’une explication et reste le jeu subtil d’une communication bien souvent interactive.

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Croquis d’Alvaro Siza – Leiça da Palmeira, Portugal

extrait du livre « LE CROQUIS,…un langage dont chacun peut s’emparer… » – 88 pages illustrées de croquis

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L’insertion paysagère

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couverture du livre broché « PAYSAGES EMBOITES » – 2017 – 145 pages

PAYSAGES EMBOITES

Intégration, insertion, deux mots très fréquemment utilisés et dotés d’une dimension humaine, culturelle, politique et sociale dont on a bien souvent du mal à percevoir les nuances. Ainsi, parle-t-on plus d’insertion ou d’intégration ? L’insertion, dans son contexte « immigration », comprend une connotation plus avantageuse que le terme intégration, lequel induit une perte de l’identité originaire. Dans l’aspect architectural il en est un peu différemment, les deux termes se complètent et comme dirait l’architecte Philippe Madec dans le cadre du «colloque Architectures. Contexte et identités. Les défis du siècle nouveau à Brest» 2003: « Dans notre domaine, on s’en tient à l’hypothèse qu’une insertion réussie produit une architecture intégrée. » Ceci étant, l’insertion d’un bâtiment dans un site ne diffère pas vraiment de l’arrivée d’un être nouveau dans une communauté. Le rejet est bien souvent aussi présent en architecture que face à l’arrivée d’une personne dans un groupe ou une communauté. Ces rejets s’appuient dans l’un et l’autre cas sur des critères d’apparences.

L’architecture contemporaine est atteinte de ce syndrome de rejet. Le déploiement de l’idée de protection, qui ne cesse de prendre une certaine ampleur selon les régions, accroît ce phénomène de rejet et renforce l’usage d’une réglementation protectionniste qui ne cesse de s’étendre. La politique patrimoniale, très structurée en France, gagne régulièrement en territoire pour aller de la protection d’une bâtisse à la protection de sites et de paysages. L’insertion du volet paysager dans le dossier du permis de construire constitue à lui seul l’entrée en matière de ce vaste débat de l’insertion et tente de faire apparaître cette absolue nécessité d’imposer à chaque acteur de la construction les bienfaits d’une volonté d’insertion. Cette volonté d’insertion se manifeste essentiellement par l’envie de ne pas nuire à l’existant, d’éviter à tout prix de porter atteinte au support paysager qui l’accueille. Cependant, à une époque où les modes de vie, la mondialisation, les moyens de communication sont devenus des paramètres quotidiens, comment doit-on percevoir les règles de l’insertion architecturale ? L’insertion doit-elle être une hygiène sociale ou peut-elle devenir une forme d’expression contrôlée mais libérée ? Le paysage urbain est-il plus permissif que le paysage rural ? Le marché public est-il mieux formé à l’écriture architecturale que le marché privé ? «Un projet d’insertion propose la mise en présence d’un état ancien et d’un état à venir, c’est d’abord un projet de continuité, de relation, de développement historique et spatial » comme le dit Philippe Madec.

Dans la notion d’insertion, l’apparence doit contenir les styles, ceux qui renvoient indéniablement vers les marques de la panoplie : la protections des styles. L’insertion, si à l’aise avec l’acte de protection patrimoniale, rejette-t-elle l’apparence contemporaine ? L’architecture contemporaine fait peur parce qu’elle dévoile des aspects inconnus, que son apparence souvent liée à une créativité narcissique, se positionne de manière provocante dans un contexte historique.

Là ou la créativité devrait être l’expression réelle de la liberté, l’insertion demande à paramétrer et contraindre les phantasmes et les envies les plus personnelles. Toute société a ses règles qui permettent une vie communautaire et de ce fait l’insertion présente les siennes comme l’expression d’un « mimétisme respectueux ». Entre créativité débordante et insertion programmée, l’expression architecturale se doit d’avoir du sens. Le mécanisme harmonique doit pouvoir se mettre en place de façon naturelle et faire opérer une soutenance à l’architecture contemporaine. L’insertion face à une réglementation omniprésente et à une similitude si renforcée régionalement se doit, au prix d’un effort créatif et réfléchi, de proposer des alternatives renouvelées.

En s’appuyant sur une phrase d’André Gide « l’art naît de contrainte, vit de lutte et meurt de liberté », l’insertion architecturale doit aujourd’hui présenter une adaptation de la contrainte à un environnement qui est en mouvance permanente de par les facteurs climatiques et de mondialisation. Le paysage varie selon son contexte. Ainsi, le paysage urbain diffère du paysage rural, le paysage désertique du paysage luxuriant. On pourrait penser que chaque paysage maîtrise son mode d’intégration, mais ce serait terriblement réducteur d’imaginer que l’on puisse amorcer un travail d’intégration en classifiant le paysage. Dans son livre, Paul Fay1 présente les différentes manières de lire un paysage et d’en traduire les lignes fortes ou faibles et de créer ainsi une méthodologie et une stratégie d’observation. Cette dernière doit permettre de mesurer au travers de la structure, de la dynamique, des groupements ou des points d’appel les éléments constitutifs d’un paysage.

La sitologie indique que les paysages français peuvent être classés en types physico-géographiques qui définissent le caractère d’une région. La lecture de cet ouvrage fait apparaître une analyse très normée du paysage avec des aspects affirmés. Les bases de cette analyse, permettant de créer une méthodologie d’observation, semblent affirmées et mettre en avant les nécessités d’intégration avec une lecture et une vision de type « mode d’emploi » qui laisse assez peu de liberté à une interprétation plus personnelle ou plus adaptée. Le positionnement, les modes de groupements, les points d’appel sont certes des éléments importants à la traduction d’un site au travers d’une architecture à structure forte dans un paysage à structure faible, mais peuvent-elles définir de manière affirmée que telle ou telle construction romprait l’équilibre ? Cette vision un peu académique semble conforter les visions réglementaires ou protectionnistes .

 

extrait du livre « PAYSAGES EMBOITES » – 2017 –  

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